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Une décennie de combat : Tech 3 & Monster Energy en MotoGP

Nov 302018

Hervé Poncharal et le team Tech 3 qu’il dirige combattent avec une incroyable bravoure aux côtés des teams d’usine en Grand Prix depuis plus de dix ans lorsqu'ils ont intégré la catégorie reine. Tech 3 a lancé ses M1 Yamaha vertes et noires facilement identifiables en 2009, et 2019 verra la fin de ce partenariat. La nouvelle a choqué, surpris et ébranlé le monde du MotoGP qui aura vu passer sous ces couleurs un bon nombre de talents avec notamment Cal Crutchlow, Andrea Dovizioso, Bradley Smith, Pol Espargaro, Johann Zarco, Jonas Folger et Hafizh Syharin. Ca a été un sacré bout de chemin !

On a demandé à  Hervé Poncharal, figure des paddocks depuis les années 80 et toujours aussi causant quels sont les moments forts et ses meilleurs souvenirs depuis que les ‘dark horses’ ont fait leur apparition sur les circuits de MotoGP

“On a eu un parcours fantastique ensemble. Sans Monster on ne serait pas là où on est aujourd’hui ”

1) Les origines et ces Yamahas uniques

 

Les bons souvenirs sont toujours liés à des bons résultats, mais je me souviens clairement du moment où on était proche d’avoir Monster Energy comme sponsor principal. C’était la veille de Noël ou à Noël et j’ai reçu un coup de téléphone de Bob Moore [agent sportif pour Wasserman et ex champion du monde de MX] qui m’expliquait que ça pourrait se faire avec Monster. Comme ils s’étaient mis au MotoGP une ou deux années auparavant c’était assez facile d’aimer la marque parce que la griffe en forme de M sort vraiment du lot et marque les esprits. C’est un truc que les fans adorent, le genre de truc que tu voies chez les autres teams et pour lequel tu te dis « j’adorerai que ce soit pareil pour mon team ». Quand ça s’est fait, de manière assez soudaine c’était un sentiment extraordinaire. Quand j’ai vu les motos toutes noires avec les griffes c’était un grand moment. Je savais déjà comment le public allait réagir et sur un site nos motos ont été élues meilleur look en MotoGp pendant 2/3 ans d’affilée et c’est grâce à eux. C’est une sensation géniale d’être le team Monster et au fil des ans c’est presque comme si ‘Tech 3’ avait disparu.

 

2) Le feeling d’un Grand Prix à domicile, la meilleure saison et un Italien

 

Le Grand Prix de France au Mans 2013. C’était très humide le jour de la course et Rodney Sacks [CEO de Monster Beverage] était avec moi pour un des premiers weekend qu’on passait ensemble. J’étais content de passer du temps avec lui, de parler course, MotoGP, Tech 3 et Monster. Il est venu avec nous sous l’auvent des stands et Cal Crutchlow a fait une course fantastique terminant second. Les conditions étaient vraiment compliquées avec beaucoup d’eau sur la piste et Cal a fait une course magnifique. Il se rapprochait du leader, Dani Pedrosa, sur la fin. De toutes façons avoir son sponsor principal sur place qui partageait avec nous la tension, la passion et l’enthousiasme quand ton pilote fait un dépassement, ça m’a rendu fier.

 

Monster était aussi le sponsor de l’event et les fans étaient fous. On a montré qu’on pouvait rivaliser avec les meilleurs teams. J’ai passé du temps avec Rodney, je le respecte énormément et j’ai vu sa passion pour le MotoGP. C’était un moment particulier pour Monster avec un plus un résultat sur la piste

 

L’année d’avant en 2012 on avait Cal et Andrea Dovizioso comme pilotes et ça été une très bonne saison. Plusieurs fois ils se sont battus pour le podium. On a eu pas mal de trophée cette année-là, huit je crois

 

Andrea Dovizioso était un pilote particulier. Je pense qu’il est dans le top 3 de ceux qu’on a eus. Non seulement il était très rapide, et il l’a prouvé après nous avoir quittés, mais il avait cette capacité à motiver le groupe et à fédérer les gens pour qu’ils travaillent pour lui et croient en lui. Il travaille en équipe. Il a décroché pas mal de podiums en 2012 et on est très fiers de ça. Cal était son partenaire et plus fraichement arrivé en MotoGP mais il s’est beaucoup battu contre lui et a appris beaucoup de lui. Dovi était content qu’ils progressent ensemble et ils étaient très différents. Dovi était plus du genre Europe du Nord assez calme alors que Cal avait un tempérament d’italien ! C’était une très bonne année. Avant Misano, Andrea nous a invité chez lui pour qu’on voit qui il était, pas dans un restau chic comme d’autres pilotes l’auraient fait. C’était une jolie maison mais rien de bling-bling, tout en ordre et très propre. Il nous a montré le garage où il avait ses motocross qu’il avait toutes gardées en parfait état. Puis on a rencontré sa mère et sa fille et c’est lui qui cuisinait. Il s’est occupé de nous comme on aurait jamais pu s’y attendre ou l’imaginer de la part d’un pilote de Moto GP. C’est quelqu’un de bien et un pilote technique plein de qualités. C’est aussi un gentleman avec un grand cœur qui agit normalement même s’il est extraordinaire sur un circuit, et il le faut pour pouvoir rivaliser avec Marc Marquez. Avant de venir chez nous, il roulait pour HRC et il était un peu déçu de ne pouvoir rester plus. Quand je lui ai offert la possibilité de nous rejoindre, j’étais super content mais aussi un peu soucieux car il avait eu une machine top niveau entre les mains et on n’a pas les même moyens qu’une équipe d’usine. On a pas pu faire tout pour lui. Il a accepté un salaire, une logistique et un set-up moins importants que dans un team d’usine et il ne s’en est jamais plaint. Je suis vraiment fier de lui avoir donné l’opportunité de rebondir parce qu’après sa saison avec nous il est parti chez Ducati où il a fait ce qu’il fait à présent. C’est difficile de choisir un meilleur moment de cette année parce que je trouve que tout 2012 a été fantastique.

 

3) Le français magique

 

2017 au GP de France avec Johann Zarco. Il était rookie, donc c’était son tout premier MotoGP à domicile. Il s’est qualifié en première ligne et il a fait une course incroyable avec les deux Yamaha d’usine. Ils étaient encore à la lutte dans le dernier tour et malheureusement Valentino a chuté et Johann a fini second. C’était son tout premier podium en MotoGP et à la maison également ! C’était un moment incroyable, la foule était en délire. C’est inoubliable. J’étais très fier et très content. C’est un des moments les plus forts des années Monster Energy avec Tech3. Pourquoi ? Je pense parce que c’était le premier podium de Johann et c’est très compliqué d’y arriver en MotoGP, encore plus en tant que rookie. T’as envie de te montrer partout mais t’as encore plus envie de te montrer à domicile. A cause des amis, de la famille, des médias. On vit MotoGp et on adore ça. On sait que c’est plus gros dans certains pays mais c’est gros en France également car le GP a toujours énormément de spectateurs. Il y a un engouement particulier de la télévision mais quand on a de bons résultats on sent qu’on peut même atteindre un public encore plus large. On sent que c’est un résultat qui va faire avancer ce sport.

4) Un autre rookie frappe également

 

Encore la saison 2017 avec un autre rookie qui nous manqué énormément : Jonas Folger. Cette saison, tout a bien fonctionné pour les deux pilotes mais c’était mieux pour Johann Zarco. Je voyais chez Jonas le même potentiel que chez Johann mais il n’a pas pu l’exploiter aussi vite. On voyait qu’il était rapide. Le GP d’Allemagne à Sachsenring a été inoubliable. Jonas est quelqu’un qui n’est pas vraiment sûr de lui. Il est un peu timide à tous les niveaux. Il n’a pas la même confiance que Johann. Il était un peu plus dans l’ombre. Le Sachsenring, à domicile pour lui, c’est quand même un circuit qui n’avait pas énormément réussi aux Yamaha jusqu’ici et les deux pilotes d’usine et Johann bataillaient. On en a pas cru nos yeux quand on a vu Jonas faire un départ incroyable et prendre la tête devant Marc Marquez. Surtout connaissant l’excellent état de forme de Marquez à ce moment. Jonas a réussi à creuser l’écart jusqu’à ce que Marquez finisse par le rattraper et le passer, mais il est resté menaçant jusqu’au dernier tour. Marc a confié ensuite à quel point il avait poussé mais il entendait toujours Jonas derrière lui et il n’était pas sûr de pouvoir garder la tête. C’était un autre moment de fierté.

 

Jonas a connu des hauts et des bas et je l’avais signé assez tôt lors de la saison précédente. Pas mal de gens dans les paddocks, je les appelle les Mr « Je sais tout » (et il y en a beaucoup !) m’ont dit que j’étais fou de l’avoir engagé. Voir ce pilote concrétiser son rêve et montrer à ces gars qu’en fait t’es loin d’être stupide c’était quelque chose. Johann en France et Jonas en Allemagne ? C’est deux pays où le MotoGP n’est pas aussi gros et populaire qu’en Espagne et en Italie mais le fait qu’ils soient chacun sur le podium chez eux pendant leur année de rookie montre que 2017 était une grande année

 

5) Si prêt d’une première victoire en MotoGP

 

Johann encore ! Cette fois à Valence pour le dernier GP de 2017. Il était rookie of the year, le meilleur pilote indépendant avec des podiums et des pole positions et on rêvait d’une victoire cette année-là. Je ne crois pas qu’on ait été plus près qu’à Valence où il a mené la plupart de la course. Je pensais que Marc Marquez serait la menace numéro 1 et il a failli chuter au premier virage. Je me suis dit qu’on avait une vraie opportunité de victoire. Les Ducati se battaient entre elles et Dani Pedrosa suivait mais n’était pas vraiment placé pour une attaque. On a rêvé d’une course comme ça et on a été assez amer de la perdre au dernier tour quand il a passé Johann. Mais c’était quand même un très bon weekend et une belle manière de clôturer la saison. On s’est rendu à la remise des prix et on pensait déjà à comment être encore meilleurs en 2018 tout en se demandant quel soutien on aurait de l’usine après ce qu’on avait accompli. On a eu un parcours fantastique ensemble. Sans Monster on ne serait pas là où on est aujourd’hui

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