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EnVyUs : L'héritage français

Oct 032018

Plus tôt cette année dans le courant du mois de juin, le Team Envy a dit adieu à son aventure française sur CS:GO et au line-up mené par Vincent “Happy” Cervoni ainsi que leur Academy team. C’était la conclusion de quatre années et deux mois pour le français à la tête de différentes formations aux couleurs de l’équipe Nord-Américaine. Avec la fin de ce chapitre il était temps de prendre un peu de recul sur leur parcours et sur tout ce qu’ils ont accompli.

Red Hot French Players

 

Tout a commencé en février 2015. L’organisation a décidé de se lancer dans la partie, non pas en signant un team en pleine ascension mais en s’offrant les services d’un team déjà au top niveau. Ils se sont alors tournés vers une formation florissante sous le nom de LDLC à l’époque. Le quintet emmené par Happy venait de remporter sa première victoire en Major pour la France à la DreamHack Winter quelques mois auparavant ainsi qu’une plus récente à la MLG X Games Aspen en janvier. Cette signature a été une avancée considérable pour les joueurs désormais accompagnés et supportés comme ils ne l’avaient jamais été. Pour l’organisation, c’était le mieux de ce qui pouvait être espéré comme premiers pas dans l’aventure. Autour d’Happy ils ont accueilli la crème des joueurs français de Counter-Strike avec Édouard “Smithzz” Dubourdeaux, Richard “shox” Papillon, Fabien “kioShiMa” Fiey et Nathan “NBK” Schmitt.

 

Les résultats ne se sont pas fait attendre : un mois après, en mars, Envy a récolté son premier trophée. Et en plus d’un top four au premier Major de l’année, l’ESL ONE Katowice, la nouvelle formation a ramené deux titres des Gfinity Spring Masters et des StarLadder StarSeries XII ce qui leur a permis de s’installer comme un des tous meilleurs teams. Pendant cette période, ils se sont retrouvés de manière régulière dans le top four de quasi tous les tournois auxquels ils participaient. Et dans la lignée de l’état de grâce de LDLC, Envy arrivait à disposer de toute sorte d’adversaire grâce à une combinaison de skills jamais atteinte dans l’histoire du jeu et avec un leader des plus talentueux. Sa manière de gérer laissant des libertés à ses coéquipiers et en récompensant les initiatives individuelles a été source de progression pour les joueurs qui savaient comment développer un jeu efficace grâce à leurs spécificités sur le terrain. Ca a donné une unité particulièrement difficile à isoler et à vaincre grâce à leur imprévisibilité et leur capacité à annihiler les plans adverses.

 

La plus grande menace qui s’est dressée face à eux est Fnactic, un team entré dans les annales comme un des plus légendaires. C’est un team à la fois doté de skills incroyables et leur leader, Markus « Pronax » Wallsten est excellent dans sa capacité d’adaptation en en plein milieu de partie parfois même lors de rounds en individuel. Cette année a marqué un nouvel épisode épique de l’affrontement France – Suède poursuivant ce qui avait débuté aux VeryGames et aux Ninjas in Pyjamas quelques années plus tôt. A ce moment-là c’est plutôt Fnatic qui avait la main alors qu’Envy faisait face à quelques déconvenues. Pendant le deuxième Major de l’année, l’ESL One Cologne, les deux teams ont atteint la finale et les suédois ont réussi à prendre le dessus sur les français sur la grande scène après une finale serrée qui a vu les fans se déchainer dans l’arena. Mais au fur et à mesure, Envy leur a rendu la monnaie de leur pièce et surtout quand c’était le plus important à Cluj-Napoca au Dreamhack Major. Ils ont pris leur revanche de Cologne en quart de finale et se sont adjugé le titre final, leur second en Major. Et ils ont alors terminé l’année en tant que meilleur team du monde pour leur seconde année d’existence, moins d’un an après avoir rejoint Envy.

 

« Quand on est entrés dans scène très compétitive de CS:GO en 2015, on savait qu’on allait aider notre lineup français à accomplir de grandes choses. Les joueurs étaient dévoués, très doués et notre organisation a travaillé à ce qu’ils puissent faire les choses en grand. Le résultat a été un double digit international championships et une victoire en major »

Mike “Hastr0” Rufail, PDG d'Envy Gaming

 

Pro pour Professionnels

 

On sait maintenant que 2015 allait être la meilleure des quatre années de cette formation car Envy y a relevé bien des challenges. 2016 a également été une bonne année avec plusieurs top four et deux médailles d’or dans des évènements de taille moyenne. C’est à partir de ce moment-là qu’on a compris qu’Envy allait affronter de manière différente de ce à quoi la scène française était habituée jusqu’alors.

 

Pendant leur première année où ils ont glané des trophées, Envy jouait avec leur manager Jordan « Next » Savelli derrière eux pendant les parties. Lors de la transition de LDLC à Envy, ils se sont séparé de leur coach Emmanuel « Moman » Marquez et se sont retrouvés sans coach depuis. Quand les premières difficultés sont apparues, la première option pour Envy était de recruter un nouveau coach pour amener de nouvelles perspectives dans leur jeu et quelqu’un capable d’amener plus d’assisse émotionnelle et psychologique durant les matchs. Et comme il y avait quelques soucis sur le côté stratégie, différence de vision et alchimie, il a été décidé d’essayer avec Mathieu « Maniac » Quiquerez un fois son bail avec Titan terminé. C’était le moment idéal puisqu’il venait de finir un master en psychologie institutionnelle et organisationnelle. Sur le papier, l’ensemble de ce que Maniac pouvait apporter était parfait pour Envy à ce moment-là. Malheureusement les choses n’ont pas fonctionné mais l’essai était clairement dans la bonne direction et semblait être la chose à faire pour améliorer l’équipe, ça valait le coup de tester.

 

Peu après, Envy a pris une autre décision à l’opposé des pratiques de la scène française. Une des critiques de l’époque qu’on retrouve parfois aujourd’hui est que les équipes françaises sont bâties autour des mêmes dix ou douze joueurs en essayant de combiner ceux qui fonctionnent dans le même groupe de personnes. Début 2016, Envy a mis un terme à cela en décidant de chercher ailleurs son cinquième après s’être séparé de kioShiMa. Son remplaçant allait être Timothée « DEVIL » Demolon choisi dans un des deux line-up de LDLC à l’époque. C’était la première fois depuis longtemps qu’un rookie avait l’opportunité de grimper dans la hiérarchie française. Plus qu’une simple promotion pour DEVIL, il s’agissait d’un changement clé dans l’approche française de construction des équipes que de trouver un cinquième avec la base des compétences, quitte à avoir à l’aider à les développer au passage. C’était mieux qu’un échange de plus avec Titan, devenu G2 depuis. G2 eux-mêmes ont suivi ce procédé un mois plus tard en signant Alexandre « Bodyy » Pianaro pour remplacer Kevin « Ex6tenz »Droolans.

 

C’est également durant cette année que la scène a pu voir les top team en créer un second souvent labellisé d’ « Academy ». Les plus grosses équipes ont pioché parmi les joueurs les plus prometteurs de leur pays pour pouvoir les aider à avancer dans leur carrière et devenir une vraie plus-value au cas où l’équipe principale était amenée à évoluer. Ce concept avait déjà été testé à plus petite échelle depuis un an ou deux mais c’était vraiment l’année où des teams comme Fnatic et North ont décidé d’investir massivement dans leurs teams Academy.

 

Envy a développé ce concept en France début 2017 quand ils ont lancé EnVyUs Academy avec pour objectif de faire monter en compétence le pool de joueurs en devenir du CS français. Le recrutement de DEVIL bien que mature dans son approche n’a pas produit les effets escomptés. L’enseignement principal a été que malgré les meilleurs intentions et envies l’intégration d’un joueur dépend aussi de l’alchimie et que le résultat, parfois l’échec, ne devient évident que quand l’équipe a joué ensemble pendant un moment. Next et Hastr0 ont réalisé que le recrutement du bon joueur peut être décourageant et qu’importe la préparation il y a aussi une part de chance pour trouver celui qui colle parfaitement à l’équipe.

 

L’Academy est une manière d’y arriver en préparant les prochaines générations de joueurs et en mettant tout en place pour qu’ils puissent se sentir de suite à l’aise dans le lineup. Les joueurs de l’Academy connaissent déjà le style de l’équipe principale et se tiennent prêts s’il y a besoin d’eux ou si quelqu’un décide de s’arrêter de de prendre sa retraite.

C’est pourquoi, début 2017, Envy a accueilli cinq nouveaux joueurs dans son projet Academy et a commencé à les aider à développer leur carrière. Le team a notamment réussi à les faire devenir une des meilleures équipes locales remportant l’ESL National Championship deux fois en France. Ce projet a porté ses fruits pour l’équipe principale en 2018 quand Envy a décidé de remplacer Christopher « SIXER » Xia et a promu Ali « hAdji »Haïnouss de l’Academy. Ca a été un grand pas en avant immédiat dans sa carrière et il a prouvé qu’il pouvait évoluer dans ce sens avec aplomb.

En même temps que cela a été bénéfique directement pour Envy, ça a également aidé la scène à préparer le futur avec une infrastructure saine pour aider les nouveaux arrivants. Envy a aidé à encourager une scène à être proactive sur l’arrivée de nouveaux joueurs plutôt que d’attendre pour que le prochain talent déjà accompli émerge. C’était un plan à long terme mais il a porté ses fruits quasi immédiatement.

 

« Etre chez Envy c’était une vraie avancée dans le professionnalisme. On entrait dans une nouvelle dimension avec tout ce qu’ils ont fait à l’époque c’était clairement le maximum que puisse faire une structure CS:GO »

Nathan “NBK” Schmitt ex-joueur d’Envy

Do, not Die

 

Alors que les premières années d’Envy étaient sans aucun doute les plus florissantes, l’organisation a encore accompli de nombreuses choses par la suite mais à différents niveaux. Il est clair qu’Envy est une histoire de détermination. Happy et les autres ont essayé de trouver des solutions pour le team et pour la scène parfois en changeant de joueurs, ou de rôles, de stratégie, de style etc. Le team a continué malgré les évènements de fin 2016, début 2017 qui ont vu l’émerge d’une nouvelle super équipe française qui est au final devenue G2 Esports. Alors qu’Envy avait perdu un avantage sur la possibilité de prendre les joueurs de leur choix, ils sont restés concentrés sur tirer le maximum de leur ressources actuelles.

 

Non pas que le team travaillait avec un budget amoindri. Ils ont investi dans un autre projet Academy. C’était un projet sur le long terme nécessitant un gros travail loin d’être aussi simple que de signer de jeunes joueurs pour porter un maillot en espérant le meilleur.

C’était un nouveau team qui avait besoin de son propre management mais aussi l’engagement de l’équipe principale et du staff pour que cette nouvelle entité puisse apprendre, progresser et se développer en même temps que le main team. Pour Envy, ça voulait dire qu’ayant un passif où ils avaient gravi des échelons avec succès, il était temps pour Happy, leur coach maleK et leur manager Next de se mettre à apprendre aux tems Academy les enseignements tirés de leur propre expérience.

 

Le message était clair : si on ne peut signer les meilleurs joueurs, alors on va former les meilleurs. S’agissant d’un plan sur le long terme, il n’était pas garanti d’obtenir des résultats rapidement pour peu qu’il y en ait. Toutefois, on sait désormais que c’était la bonne manière d’agir, pas seulement pour le développement des stars de demain mais aussi pour le team principal. Une fois de plus Envy a grandi différemment face à l’adversité. 

 

Un tel travail a eu lieu dans l’environnement d’un team qui avait déjà atteint l’apogée de CS :GO dans le passé et qui était déterminé à le refaire malgré tous les challenges qui se dressaient sur leur route. Dans ce cas, Envy a vraiment misé sur le long-terme en n’ayant pas peur de la durée au lieu de se rabattre uniquement sur un changement de roster dès que quelque chose ne tournait pas rond.

 

« Je pense que le gros plus que j’ai avec moi c’est l’expérience. J’ai exploré par mal de choses avec Envy. Des moments mémorables où on ne descendait pas des sommets pendant un long laps de temps aux plus difficiles quand le team ne fonctionnait pas et qu’il fallait mettre les bouchées double pour palier à ça »

Vincent “Happy” Cervoni, capitaine du Team Envy

 

An Envyable Legacy

 

A l’approche de leur dernier grand coup en France, ils avaient tout essayé. Oui il y a eu des échecs, mais on ne pourra pas leur enlever l’impact qu’ils ont eu sur la scène nationale.

 

« Bien qu’on ait pas les résultats espérés durant nos saisons 2017/2018 on pouvait toujours regarder en arrière sur l’héritage qu’on a créé et être fiers de ce qu’on a accompli. Peu de teams peuvent dire qu’ils étaient les meilleurs au monde et c’est quelque chose qu’on peut revendiquer »

Mike “Hastr0” Rufail

 

En premier lieu, leur rêve est devenu réalité. Un deuxième titre en majeur, une seconde période sur le toit du monde. C’était fou pour la France et ils ont été la fierté de la nation un bon bout de temps. Pendant leur apogée c’était un ensemble sans fin d’émotions positives pour les fans en France et dans le monde. Malgré les critiques qu’ils ont essuyées dernièrement il est toujours vrai qu’aucun autre team français n’a été en mesure de surpasser leur héritage et peu peuvent se vanter d’un Cv aussi consistant en termes de succès, de trophées majeurs et d’accomplissements. Envy a représenté le meilleur

 

« Envy a amené à la France un deuxième Major, c’est quelque chose d’inoubliable »

Vincent “Happy” Cervoni

 

Ensuite avec leur contribution au développement de la scène française, Envy est devenu un team qui a donné des opportunités aux nombreux joueurs semi-pro et leur a permis de développer leur carrière. DEVIL et Alexandre « xms » Forté ont eu cette opportunité grâce à Envy qui a aussi permis de poursuivre les carrières de leurs joueurs Academy, notamment Audric « JACKZ » Jug qui fait désormais parler de lui avec 3DMAX sur la scène européenne. L’Academy a aussi été le théâtre des débuts de hAdji avant son intégration à l’équipe principale. Ca a été un pied à l’étrier pour sa carrière au niveau européen puisqu’il est désormais un joueur clé dans un team d’Europe, Impérial, au côté d’autres talents émergents comme le prodige lituanien Rokas « EspiranTo » Milasaukas.

 

Et puis Envy est comme une maison. Une maison pour quasi tous les joueurs français de top niveau de ces dernières quatre années et demi, des premiers line-up qui ont gagné de nombreux tournois et un majeur aux derniers en date avec entre autre la légende CS Source Cédric « RpK » Guipouy ou le virtuose belge du headshot Adil « Scream »Benrlitom. L’organisation a donné à ses joueurs un support incroyable and leur a montré qu’aussi dures soient les périodes ils pouvaient toujours compter sur un support sans faille de la structure derrière eux coûte que coûte.

 

« On a vécu une époque hallucinante, avec un roster légendaire, sans aucun doute mes meilleurs souvenirs de CS »

Nathan “NBK” Schmitt
 

Envy a changé la vie de tous les joueurs français qui ont porté ses couleurs. Ils ont créé un précédent dans le monde des équipes professionnelles françaises en termes d’expérimentations de roster et de périodes d’essais, de préférence pour des solutions à long-terme et d’investissement sur le futur plutôt que de céder à la facilité. Bien que l’histoire s’achève pour la partie française pour l’instant, Envy restera dans l’histoire française de Counter-Strike

 

« Je n’ai pas été dans beaucoup d’organisations mais je considèrerai toujours Envy comme chez moi. C’est là que j’ai grandi comme joueur et comme personne et je serai toujours reconnaissant d’avoir eu cette opportunité »

Vincent “Happy” Cervoni

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